Beaucoup de techniques nouvelles ont eu des conséquences que leurs inventeurs n’avaient pas envisagées, certaines si considérables qu’elles ont profondément bo. uleversé nos sociétés : l’électricité, la vapeur, la radio, l’énergie nucléaire, etcCependant, il en est une qui se distingue par la rapidité de sa diffusion, sa portée et par ses effets aussi porteurs de progrès et d’espoir que générateurs de craintes et d’angoisses. L’informatique née de la lutte contrel’oppression nazie dans le Manoir de Bletcheley Park sous l’impulsion géniale de Turing, a en effet révolutionné nos sociétés par l’efficacité qu’elle a introduite dans la plupart des activités humaines. Mais la rapidité de son développement s’est, hélas, souvent traduite par une piètre qualité des produits qu’elle a engendrés. C’est ainsi que les États-Unis nous ont livré le réseau le plus structurellement insécurisé qui puisse être imaginé : l’Internet. Un cadeau très séduisant mais empoisonné fait à l’humanité. Certes des solutions fondées sur la « science du secret » auraient pu contribuer à rétablir une certaine confiance dans les échanges que ce réseau permet. Mais là, sous couvert d’assurer notre sécurité, les mêmes bienfaiteurs n’ont eu de cesse que de limiter voire d’annihiler l’efficacité de ces artefacts à grand renfort de portes dérobées les fameuses back doors…

Les attentats du 11 septembre 2001 ont en effet permis aux services américains de revendiquer des pouvoirs d’investigation exorbitants. Les révélations de Snowden nous dévoilent chaque semaine les incroyables programmes d’espionnage internes et externes des États-Unis. Mais curieusement c’est au moment où l’indignation gagne du terrain outre Atlantique, où les mouvements libertaires relèvent la tête et qu’on remplace le Patriot Act par le Freedom Act, que nos parlementaires eux adoptent, en dépit des mises en garde solennelles des personnalités et des instances juridiques les plus qualifiées, une des lois les plus liberticides jamais votée dans un pays démocratique. Quelques actes criminels, sans commune mesure avec ceux du 11 septembre américain, ont suffi à emporter l’adhésion des chambres, une majorité de Français s’étant exprimée, selon des sondages, pour plus de sécurité…

 

L’ARCSI qui se trouve compter dans ses rangs nombre de fonctionnaires issus des services de sécurité a toujours été attachée à l’efficacité de ceux-ci mais, tout aussi attachée au respect des principes sur lesquels repose notre démocratie, elle a souhaité se livrer à un ultime examen de cette loi sur le renseignement : les avantages qui en sont attendus mais aussi les risques et dangers que certains dénoncent et qui font encore débat, la presse  juridique ayant  décidé  de  l’attaquer  devant  la  Cour  européenne des Droits de l’Homme

Pour cela L’ARCSI a réuni des acteurs parmi les plus éminents œuvrant les uns à la protection des libertés individuelles et de la vie privée, les  autres  à  la  sécurité  de  notre  pays,  sans  omettre  un  témoin célèbre victime d’abus de certaines agences de renseignement étrangères

Ces rencontres loin de tout esprit polémique souhaitent au contraire éclairer sereinement un débat qui a trop souvent été passionnel car conduit dans un climat de peur irrationnelle.

Lieu

l'École du Val-de-Grâce - 1, place Alphonse Laveran - 75230 PARIS Cedex 05 (08h30 à 17h30)

Contact

jean-marc.laloy@arcsi.fr

SITE WEB

http://www.arcsi.fr

Participation

intervenant